Aparté n°50, décembre 2003
En 2004, prenez soin de vous!
Sans vous, votre entreprise aura peu de chance de profiter du train de la croissance. Je le dis haut et fort connaissant votre humilité sur ce sujet. Alors, ménagez vous.
Nous venons en effet de connaître une année éprouvante, particulièrement fatigante pour notre mental comme pour notre corps.
Je vous propose donc quelques repères. En somme, une liste de soins à pratiquer régulièrement pour éviter que ne s'installe trop vite ce stress excessif, peu propice à l'épanouissement et au bonheur auquel chacun d'entre nous a droit et surtout a un besoin vital.
Se dire : prenez le temps de vous dire, de vous parler. Ecrivez vous. S'entendre, se lire est un excellent moyen d'exister pour soi, d'aller au fond de ses questionnements et de l'expression de ses envies. C'est un très bon moyen pour prendre régulièrement du recul sur l'activité quotidienne.
Anticiper : ce stress, de mon point de vue, est trop souvent le résultat d'une maîtrise défaillante, non seulement des aspects organisationnels, mais également de la prise en compte des aléas possibles. Si le stress reste un indicateur, il ne doit jamais devenir un objectif, voire, une drogue.
Une fois les actes prévisibles organisés, sachez ménager les cadres de l'imprévisible. Les pertes sèches en matière de productivité résultent trop souvent de cette absence.
Anticiper, ce n'est pas tout prévoir. C'est seulement imaginer l'improbable avec souplesse et raison.
Planifier : loin de toute rigidité que suggère ce terme, il s'agit plutôt "d'imprimer son mouvement à l'avenir". Partez des objectifs annuels que vous souhaitez atteindre pour vous, avec vos collaborateurs, pour votre entreprise. Inscrivez les sur un agenda spécialement réservé à cet effet ainsi que les étapes successives pour leur réalisation.
Se faire plaisir : dans la durée, le premier moteur de l'engagement et de la motivation c'est bien le plaisir que vous ressentez. J'ai trop rencontré cette année de chefs d'entreprise désabusés, ne sachant plus très bien quel était leur métier comme celui de leur entreprise et, parfois même, n'ayant plus envie de venir travailler.
Cherchez toutes les situations qui sont ou qui pourraient être déjà pour vous génératrices de plaisir. Sortons de ce schéma dangereux consistant à penser que le travail (qui constitue la plus grande partie du temps éveillé) devrait en être dépourvu.
Provoquez, imaginez, organisez, intégrez des moments de plaisir sur fond de ludicité, d'humour et de convivialité.
Ouvrez votre entreprise sur la vie.
Prioriser : il n'y a de véritable urgence que celle qui ne l'est pas. Optez pour des attitudes adaptées face à des urgences clairement identifiées et quantifiées. Une urgence ne peut en effet être gérée de manière efficace que déjà si le délai qui la caractérise est précis et réel, croisé avec son niveau d'importance.
N'oublions pas que choisir nos priorités nous est autant vital qu'ancestral. Si nous prenons le temps de nous rappeler qu'en général la charge de travail est supérieure à notre capacité de traitement, prioriser doit devenir un réflexe naturel.
Cette aptitude à définir ses priorités est hautement stimulante car elle fait appel à une fine réflexion et à toute la connaissance intime que nous avons de nous même, de notre métier et de notre environnement.
Dire non : la disponibilité établie comme principe est le moyen le plus sûr pour ne plus exister. Dire parfois non dans l'instant à une sollicitation en proposant une alternative est la meilleure condition pour dire vraiment oui ensuite.
Vous gagnerez en estime, en qualité d'accueil, en crédibilité et en efficacité.
Gérer l'information : elle nous est indispensable. Jamais, elle n'a été aussi abondante. Et pourtant, nous avons de plus en plus de mal à la capter et à gérer son flux pour en extraire ce qui nous est nécessaire.
Prenez le temps régulièrement de vous poser cette simple question : "de quelles informations ai-je besoin?"
L'information est à votre service et non l'inverse. Elle doit contribuer à renforcer votre rôle privilégié d'acteur économique et social.
Sortir : sortez de votre entreprise. Que de situations d'enfermement! Sortir, rencontrer, c'est se donner la possibilité d'alimenter son imagination, de développer son sens de l'analyse critique, en somme, de s'oxygéner les neurones. C'est la respiration de votre entreprise.
Sachez profiter de colloques, de séminaires, de voyages d'étude, d'opérations d'incentive, de sorties sportives ou touristiques comme autant d'occasions de training régénérateur.
Vous le savez, prendre de la distance sur son quotidien, c'est s'assurer d'une plus grande disponibilité en retour.
Mais surtout, apprenez à votre mental et à votre esprit à s'apprécier mutuellement. Inséparables, ce sont vos meilleurs alliés.
Revendiquer son imperfection : respectez vous avant même de penser à vous faire respecter. Plutôt que de viser un perfectionnisme illusoire et absurde, faites avant tout de votre vie professionnelle une aventure de liberté, respectueuse de vos valeurs.
C'est tout ce que je vous souhaite pour 2004.
Joyeuses fêtes,
François BOUTEILLE
Coaching et médiation