Aparté n°31, mars 2002
La Terre a rétréci, nous la prenons entre nos mains.
Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, il est acquis par le plus grand nombre de ses habitants que nous vivons dans un univers limité.
La performance des technologies de la communication, des moyens de transport, des échanges internationaux et tous les grands chantiers en cours l'expliquent pour l'essentiel.
La mondialisation est un état de fait.
Aussi imparfaite soit-elle, on ne peut plus s'y opposer ou l'ignorer sur son principe même, au risque, comme certains, de repartir quelques siècles d'obscurantisme en arrière.
Pour autant, il convient d'y retrouver en son centre les valeurs qui en justifient la raison profonde :
- Le capital humain en est la première ressource et l'épanouissement de chacun son résultat.
- Chaque individu et donc chaque Nation a des talents qui lui sont uniques et qui génèrent autant de capacités. Ces dernières, agencées harmonieusement les unes aux autres par l'échange, permettent de réussir ensemble.
- La mondialisation fondée sur le sens commun sera collective et équitable ou se limitera à des propos et des actes hypocrites et dangereux.
- Dans cette perspective, l'économie ne trouve sa raison d'être que si elle se met inconditionnellement au service de l'homme (de tous les hommes) et non l'inverse.
- La performance globale résulte alors de la conjugaison indissociablement de la performance économique, sociale et environnementale.
Les entreprises ont, sans doute, été des précurseurs dans cette approche. Tout du moins, elle en ont été, ces dernières années, un des principaux révélateurs au travers de leurs activités.
On comprend alors la nature de la complexité à laquelle se retrouvent confrontés les dirigeants lors des réflexions qu'ils conduisent en matière d'analyse et de prospective.
Il apparaît en effet de plus en plus que la productivité optimale recherchée dépend intimement de la prise en compte conjointement de leur propre niveau de performance économique, sociale et environnementale.
Il convient alors d'imaginer, au delà des situations de crise, quand cela est encore possible, des temps organisés et structurés de réflexion et de prise de recul et qui partent bien de cette triple finalité.
Malheureusement, même si l'intention est au rendez vous, ces instants restent aussi rares que redoutés. Vécus dans notre imaginaire comme de véritables cyclones générateurs d'angoisses et d'incertitudes renforcées, nous mettons dans l'instant qui suit tout en œuvre pour les éviter. Et les prétextes ne manquent pas : pas de temps de disponible, commandes et production à réguler, voire même, la gestion d'une crise de croissance inattendue !
Dans ce Monde sans cesse rétréci apparaissent soudain des déserts de perplexité et les steppes sans fin de nos réflexions inachevées.
Comment (re)partir à la rencontre de soi et de ses équipes, avec exigence et compassion ?
Les managers masculins en particulier ont en effet des difficultés à être en contact avec eux-mêmes. Ils sont souvent comme coupés de leurs sensations. Ils ne sentent par exemple pas le stress comme indicateur pertinent. Ils en constatent par contre bien souvent les conséquences quand il est trop tard.
Prendre du recul pour avoir une meilleure connaissance de soi, certainement supérieure et de meilleure qualité que celle dont nous font part les autres à notre sujet.
Etre accompagné dans cette démarche ne résulte pas d'un luxe superflu, bien au contraire.
La démarche de coaching, par le regard externe et bienveillant qu'elle propose, doit permettre au dirigeant de pénétrer enfin une zone de quiétude et de sérénité indispensables à la (re)découverte de soi.
Cet accompagnant (compagnon), dont la meilleure métaphore est de lui donner le qualitatif d'accoucheur ne se substitue à aucun moment au décideur, au risque de repartir immédiatement vers les eaux tourmentées de la manipulation.
Si le coach doit préserver une distance nécessaire vis à vis de l'histoire racontée et des émotions qui peuvent en résulter, il doit pour autant cultiver un niveau relationnel où la confiance réciproque trouve une place de choix.
Ce (re)centrage du dirigeant sur sa personne entrepris, Il conviendra ensuite seulement de travailler ensemble sur l'organisation et l'apport pour l'entreprise qu'il a en responsabilité.
Bon travail.
François BOUTEILLE
Coaching et médiation