Aparté n°16, septembre 2000
Qui oserait dire que tout journal d’entreprise qu’il ait pu croiser n’était pas au service de la communication interne. Et pourtant, combien de fois ai-je pu constater son abandon, au grand dam de son Directeur qui l’avait porté sur les fonds baptismaux quelques mois auparavant à grands renfort de moyens et…de promotion.
Il convient donc ici de rappeler quelques lieux communs souvent oubliés et qui, pourtant, sont les garants de l’efficacité recherchée.
Au risque de l’évidence, un journal d’entreprise est, avant toutes choses, un journal. Autrement dit, il relève de règles et de méthodes qu’il serait préjudiciable de sous estimer.
Si ses objets peuvent être divers tout en se conjuguant harmonieusement (organe d’information, instrument de formation, tribune d’expression du personnel, feuille de liaison et de cohésion, véhicule de l’image de l’entreprise,…) il doit simultanément :
· Abonder les projets de l’entreprise.
· Répondre aux attentes tout aussi légitimes des lecteurs.
Aussi, convient-il d’identifier avant tout ces derniers, leurs habitudes de lecture, ainsi que leurs principaux sujets de préoccupation dans et hors de l’entreprise.
Les thèmes abordés devront quant à eux être d’intérêt général. Mais attention, leur nature et la capacité à les traiter démontreront le réel esprit d’ouverture dont dispose l’entreprise et ses Dirigeants.
Les missions qui peuvent être attendues d’un tel organe sont principalement de 5 natures :
- Une mission d’information (stratégie, marchés, contrats, prospective,…)
- Une mission d’ouverture (panorama économique, thèmes d’intérêt général, actualité, distractions et loisirs,..)
- Une mission de décloisonnement (présentation des différents services, des sites de productions, des activités secondaires, des naissances,…)
- Une mission de dialogue (tribune libre, petites annonces,…)
- Une mission de reconnaissance (vie au quotidien, présentation des métiers, challenges relevés, gros plan sur une personne ou un service,…)
Il ressort combien cet outil, par l’efficacité qu’il développe, révèle autant qu’il sert le management pratiqué.
Dans sa forme et dans la fréquence de sa parution, le journal d’entreprise doit faire preuve de pondération et d’humilité. Le principe de constance dans le temps lui est essentiel pour être reconnu, adopté et apprécié.
Un 4 pages, une fois par trimestre, vaut infiniment mieux qu’un 10 pages en quadrichromie, mensuel et abandonné au bout de six mois sans explication.
Encore une fois, une politique de communication performante doit s’inscrire dans la durée pour gagner la confiance de tous.
Le contenu de l’information compte également de manière essentielle. Si le ton employé doit être mesuré, les informations présentées doivent viser à l’objectivité tout en étant les plus complètes qu’il soit.
En effet, le journal doit être un outil au service de chacun pour lui permettre de renforcer le sens qu’il donne à son travail.
Enfin, plus votre journal d’entreprise réunira ces qualités et plus il vous faudra porter une attention extrême à la part de subjectivité qu’il va réveiller chez ses lecteurs.
Aussi, ménagez les différentes susceptibilités, par exemple :
- En opérant une distribution plutôt au domicile de vos collaborateurs.
- En jouant d’équité quant au nombre d’articles parus par services.
- En nommant une équipe de rédaction constituée de correspondants internes.
Il vous faudra enfin vous réserver la mission, ô combien capitale, de Directeur de la publication.
Sur ce, il ne me reste plus qu’à vous présenter mes plus chaleureuses salutations journalistiques !
François BOUTEILLE
Coaching et médiation