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26 septembre 2016

Commentaires

Herbert Koch

Cher Monsieur,
Votre article est fort intéressant.
La culture française, son histoire, sa constitution politique, sa structure et son fonctionnement pyramidale font que la culture de la responsabilité est peu développée en France par rapport à d'autres pays.
En plus, pays de seigneurs et de moutons malgré la révolution française, la "moutonnisation" (= la déresponsabilisation) a fortement progressé.
Quand je viens en France, j'entends tout de suite lorsque je m'adresse à un fonctionnaire ou une administration : "je ne suis pas responsable".
Après, quand je demande des renseignements par mail ou lettre, il n'y a pas de réponses (définition latine pour la responsabilité).
Malheureusement, le pays s'enfonce dans l'irresponsabilité à tous niveaux, vous n'avez jamais de réponses dans des délais acceptables, c'est un paradis des relances.
Comment changer?
Ceci est presque impossible, car être français c'est ne pas être responsable, cela fait partie de l'ADN.
Le seul responsable en France est le Président de la République et lui, on peut imaginer, ne peut pas faire le travail de toute son administration à la place de celle-ci.
Qu'en pensez-vous?
Est-ce trop polémique et subjectif?
Bien évidemment, c'est un regard critique, une vue sur la France d'un pays de bergers et de citoyens (responsables).
Bien cordialement,
Herbert Koch
CH-8044 Zürich
www.deconcert.com

Cher Monsieur,
Merci pour votre contribution.
Votre point de vue est tout à fait respectable. D'autant plus qu'il revient souvent dans la bouche de nombreux citoyens.
Il semble que vous viviez à l'étranger et que vous portez de ce fait un regard distancié par rapport à l'administration publique.
Sans doute est-ce dû à des mésaventures que vous avez rencontrées.
Toujours est-il qu'en certains cas, je suis bien obligé d'abonder votre propos.
Je dois reconnaître que ce qui me pèse le plus est le rapport inflexible à la réglementation.
Comment se fait-il que les magistrats font vivre la jurisprudence comme application intelligente de la loi et que les fonctionnaires n'en font pas de même ?
Là se pose effectivement la question de la responsabilité.
J'avoue, à 62 ans, être quelque peu pessimiste et désabusé sur le sujet tant mes dernières expériences avec l'administration publique ont été en ce sens édifiantes…
Je vous souhaite bon courage. Seule votre sagesse vous permettra de ne pas y laisser trop d'énergie au détriment de causes plus nobles et plus utiles.
Respectueusement vôtre,
François BOUTEILLE

YANN L

Bonjour François et merci pour cet aparté.
Je pense que sur ce sujet, on va retrouver très vite les 3 éléments constitutifs d'une bonne délégation de pouvoirs...ou de responsabilités, à savoir l'autorité, la compétence et les moyens.
Il est de plus en plus évident et notoire que dans le cas de responsables d'organisations importantes, il est de moins en moins évident et possible d'attribuer définitivement l'un de ces 3 éléments aux emplois nécessitant pourtant cette responsabilité.
L'un des éléments le plus visible nuisant à la prise de responsabilités est le contrôle exercé sur de nombreux aspects des missions, empêchant de vivre sereinement son autonomie. L'autorité s'en trouve de fait un élément très diminué.
Nombreux sont aussi les exemples de compétences déployées en dépit du bon sens qui font défaut ensuite pour l'exercice réel des responsabilités. Il peut être fait référence notamment aux parcours de carrières dans les ministères conduisant à un ministère et se soldant nécessairement par un parcours dans un autre ministère dans lequel aucune compétence acquise ne servira et dans lequel tout sera à ré-apprendre.
Pour ce qui est des moyens, financiers ou humains, là aussi, le contrôle exercé ou des situations difficiles mettent très rapidement à mal la possibilité d'être pleinement responsable.
Il se trouve heureusement de nombreuses personnes très responsables et ayant donc ces 3 éléments à disposition, je pense à tous ceux qui œuvrent quelquefois seuls, tels les médecins, chirurgiens, artisans, chefs d'entreprise, parents, etc. C'est plus compliqué dans de grandes organisations, et encore plus dans certains services de l'état.
C'est aussi le propre des acteurs du changement que de prendre leurs responsabilités, et ceci malgré les contraintes, réelles ou fantasmées.
Amicalement,
YL

Bonsoir Yann,
Je ne peux que souscrire à votre propos.
Votre témoignage conforte mon point de vue par l'emploi en particulier de parfaits contre-exemples, malheureusement assez courants aujourd'hui.
Je trouve l'indissociable réunion des trois conditions d'une délégation réussie tout à fait pertinente;
Grand merci pour votre apport de dirigeant expérimenté.

François Bouteille

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