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31 octobre 2011

Commentaires

PDLH

Cher Monsieur,

Pour faire écho à votre dernier propos concernant le management, je me permets de vous faire part de ma propre réflexion sur ce point.

Dans les cinq temps du processus de management, vous signalez, à juste titre me semble t-il, les deux premier temps comme étant ceux de l’observation et de l’analyse. Ces points me paraissent en effet cruciaux, dans un environnement économique qui ne se contente plus d’être en perpétuel changement, mais où le rythme lui même du changement s’est brutalement accéléré, et où la visibilité en toutes choses est réduite à quelques semaines. Ce n’est donc pas tant l’environnement (au sens global) de l’entreprise qu’il convient d’observer mais les modifications permanentes de cet environnement pour tenter d’y déceler une tendance et des perspectives.

En ce sens le « court-termisme » (pardon pour cet affreux néologisme) ambiant s’oppose de manière fondamentale à un réel processus managérial. Il est donc vital, pour un manager, de pouvoir s’en détacher, ce qui signifie qu’il doit être capable d’une prise de recul d’autant plus difficile qu’il est entouré de collaborateurs dont le rôle est de « faire » et qui sont donc en permanence dans l’action.

J’aime à ce sujet citer Kurt von Hammerstein, dont les réflexions toutes militaires n’en sont pas moins parfaitement applicables à mon sens au domaine de l’entreprise, si on veut bien de ne pas se contenter de leur tournure simplificatrice :

« Je distingue quatre espèces. Il ya les officier intelligents, les travailleurs, les sots et les paresseux. Généralement, ces qualités vont par deux.
Les uns sont intelligents et travailleurs, ceux-là doivent aller à l’état-major.
Les suivants sont sots et paresseux ; ils constituent 90% de toute armée et sont aptes aux tâches de routine.

Celui qui est intelligent et en même temps paresseux se qualifie pour les plus hautes tâches de commandement, car il y apportera la clarté intellectuelle et la force nerveuse de prendre les décisions difficiles.
Il faut prendre garde à qui est sot et travailleur, car il ne provoquera jamais que des désastres »

Qui se complète par :

« Débarrassez-vous du travail de détail. Ayez pour cela quelques gens intelligents. Mais laissez-vous beaucoup de temps pour réfléchir et pour parvenir avec vous-mêmes à des idées tout à fait claires. C’est seulement ainsi que vous pourrez commander judicieusement »

Permettez-moi enfin, une critique amicale, que mon amour pour la langue française ne me permet pas de laisser passer sans réaction : si le mot benchmark est à la mode, il a son parfait équivalent dans la langue française sous les termes de comparaison ou d’étalonnage. Mais il est vrai que ces derniers font à la fois moins savant et moins tendance…

Merci encore pour vos billets toujours intéressants.

Cordialement,

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