En y réfléchissant, les différences constatables sont pour certaines de l'ordre de l'inné (certains parleront de différences d'ordre naturel liées à la génétique) et d'autres de l'ordre de l'acquis (certains parleront alors de différences d'ordre social ou culturel). Tout le débat consiste à dissocier celles des différences qui ont réellement une origine naturelle (fruit de la relation historique de l'homme à son environnement changeant et de l'adaptation qui en résulte pour lui) et celles qui ont une origine sociale (fruit de la relation de l'homme à son environnement immédiat). D'ailleurs, l'écart entre ces deux types de différences n'est-elle pas finalement qu'une histoire de rapport au temps ?
Les différences "naturelles"
Après quelques recherches, j'ai pu noter que, si les différences de nature physique étaient évidemment de nature ancestrale (pour plus amples explications, consulter le chapitre sur "Adam et Eve"), la découverte de celles qui était d'ordre génétique, physiologique mais surtout neurobiologique remontait à quelques années seulement.
Grâce aux travaux sur le génome humain (ensemble du patrimoine génétique contenu dans les 23 paires de chromosomes), il est apparu que si l'homme (mâle) et le singe possédaient un patrimoine génétique commun à 98,4%, la différence se montait à 5% entre l'homme mâle et la femme. Ce qui tend à dire que l'homme mâle est génétiquement plus proche d'un singe mâle que d'une femme !
Les nouvelles technologies telles que l'IRM ont aussi permis d'observer pour la première fois en détail le cerveau de personnes vivantes, sans pour autant opérer quelque dégradation ou souffrance que ce soit durant ces investigations.
Jusqu'alors, les chercheurs avaient admis comme une évidence que le cerveau était androgyne, autrement dit, qu'il était asexué. Ils avaient toutefois pu constater que le poids moyen du cerveau de la femme était inférieur de 150 grammes à celui de l'homme. Ce qui avait valu, de la part de chercheurs mâles, des explications tout à fait scabreuses sur la nécessité, pour cette raison de supériorité, d'instaurer un ordre social à dominante masculine.
Depuis, il a été heureusement démontré que cette différence de poids était en réalité insignifiante du point de vue de ses conséquences. Par contre, et beaucoup plus sérieusement, les chercheurs ont établi que la structure du cerveau n'était pas la même selon qu'il s'agissait de celui d'un homme ou d'une femme.
Mieux encore, que l'activation de certaines zones le composant, selon les mêmes stimuli reçus, était différente et pouvait donc en retour générer un état comportemental lui-même spécifique à chaque fois.
Sans oublier le rôle déclencheur, aux effets particuliers sur le plan là encore comportemental, des hormones sexuées que sont la testostérone chez l'homme mâle et les œstrogènes chez la femme.
Donc, de nombreuses différences existent et sont établies aujourd'hui scientifiquement sur le plan physique, physiologique, génétique et neurobiologique.
Les différences acquises
Passons maintenant aux différences dites d'ordre "social" qui résultent donc des acquis, en particulier de nature éducative, remontant à l'enfance puis à l'adolescence. Il est remarquable de constater que, généralement, un homme mâle éduqué principalement par une mère (femme) développe une personnalité et un relationnel de type plutôt féminins alors qu'une fille élevée principalement par un père (homme mâle) développe une personnalité et un relationnel plutôt masculins.
Des recherches encore une fois récentes estiment qu'environ 20% d'hommes disposent d'un cerveau de type "féminin" (type E comme empathie) et 10% des femmes fonctionnent avec un cerveau "masculin" (type S comme systématisation). Bien entendu, on constate surtout qu'un garçon élevé dans une famille par un père très présent sur le plan éducatif développe une posture dite "masculine". De même qu'une fille éduquée pour l'essentiel par sa mère développe à son tour une posture dite "féminine".
Nous pouvons ainsi énumérer des tendances comportementales qui ont pu être observées en certains domaines entre individus disposant d'un cerveau "féminin" et individus disposant d'un cerveau "masculin".
En cela, les travaux de chercheurs tels que Serge GINGER, psychologue clinicien et psychothérapeute sont précieux.
Sans oublier que tous les spécialistes en neurosciences s'accordent aujourd'hui à dire que si l'hémisphère gauche est plus développé chez la femme (l’hémisphère gauche du cerveau est associé à la logique, au langage et à la pensée analytique), l'hémisphère droit est, quant à lui, plus développé chez l'homme (l’hémisphère droit du cerveau est associé au monde de la créativité, de l'imaginaire).
Orientation :
Lui : il s'oriente plutôt dans l'espace vers un but abstrait.
Elle : elle s'oriente plutôt dans le temps à partir de repères concrets.
Organes des sens :
Lui : sa vue est plus développée que chez la femme.
Elle : son ouïe, le toucher et l'olfaction sont beaucoup plus fines. Sa mémoire visuelle est meilleure.
Relations sociales :
Lui : il a un instinct de domination. Il dicte à son environnement ses désirs. Il est programmé pour la compétition, la lutte, le combat. Il est rapidement agressif. Il peut donner la mort. Il a besoin de prendre des risques, de partir à l'aventure. Il développe des relations distantes.
Elle : elle écoute et accueille les désirs de son environnement. Elle est programmée pour la coopération, le dialogue, la négociation. Elle peut donner la vie. Elle a un instinct de préservation, de protection, de sécurité. Elle cherche à s'adapter au groupe. elle a besoin de relations de proximité.
Emotions :
Lui : il est émotif mais l'exprime peu. Il est impulsif et réactif.
Elle : elle est moins émotive que lui mais l'exprime plus. Elle est calme et patiente.
Santé :
Lui : ses défenses immunitaires sont plus faibles qu'elle. Vulnérable, il doit donc être ponctuellement fort.
Elle : ses défenses immunitaires sont élevées. Elle est plus résistante que lui aux agressions.
Rapport au monde :
Lui : c'est un créatif, un inventif et un intuitif.
Elle : Elle gère, organise. Elle agit de manière raisonnée et raisonnable.
Traitement de l'information :
Lui : il utilise plutôt le jugement de valeur (rapport à la subjectivité).
Elle : elle utilise plutôt l'analyse critique (rapport à l'objectivité).
Ainsi, rien ne permet d'indiquer que, globalement, l'un soit meilleur que l'autre ou plus performant.
Tout ceci nous conduit surtout à considérer qu'autant hommes et femmes sont fondamentalement différents, autant ils sont, sur le plan social et sociétal, éminemment complémentaires et donc indispensables les uns aux autres.
L'égalité en tous domaines entre les deux sexes, entendue déjà comme objet de régulation au service de la performance collective et de la promotion individuelle, est une évidence pour qui veut garantir un équilibre harmonieux durable et profitable dans et hors le monde du travail.
Et ce, bien au-delà de la seule parité qui n'en est qu'une expression partielle et parfois partisane donc inégalitaire.
Reste à trouver les outils d'intérêt, de communication et de compréhension mutuelle pour y arriver. Et surtout la volonté d'une minorité agissante au profit du plus grand nombre pour entreprendre ce changement aux promesses motivantes.
Le psychiatre, Henri BARTE, nous propose une piste en nous rappelant que le plaisir, sa recherche (comme son refus) sont parmi les sujets qui préoccupent également l'homme et la femme. Fuyons donc tous les conflits fruits d'enjeux de pouvoir d'un sexe au détriment de l'autre pour promouvoir ce que certains théoriciens en management appellent la hiérarchie des compétences.
Pour finir sur un trait d'humour, je rappellerai ce propos de Françoise Giroud : "La femme serait vraiment l'égal de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente". Certains événements récents me laissent à penser que ce temps est probablement arrivé….
Bien cordialement,
François BOUTEILLE
Coaching & médiation
Bibliographie :
Amours : histoires des relations entre les hommes et les femmes
Jacques ATTALI - Editions FAYARD
Intégrer son identité masculine : les défis des relations hommes-femmes
David DEIDA – Editions du Souffle d'Or
L'un est l'autre : des relations entre hommes et femmes
Elisabeth BADINTER – Editions Odile JACOB
La dialectique des rapports hommes-femmes
Thierry BLÖSS – PUF
Parle-moi, j'ai des choses à te dire
Jacques SALOME – Les Editions de l'Homme
François BOUTEILLE
Coaching & médiation
bonjour j'ai lu ton articlre consacré à homme femme.Mais tu devrais creuser le problème car je connaissais presque tous tes arguments. Je dis ça pour te taquiner car en effet à l'heure qu'il est je n'ai pas grand chose à dire de plus. Affection cati
Rédigé par : catherine bouteille | 19 mai 2011 à 09:34