Le résultat d'une auto évaluation
L'estime de soi est, pour ce faire, l'instrument le plus important que nous ayons en ce sens à notre disposition. Il nous permet en effet à tout instant de mesurer avec précision le regard que nous portons sur nous-mêmes et, par conséquent, celui que nous posons sur nos compagnons de route pour qu'à leur tour ils puissent s'estimer et ainsi nous estimer en retour.
C'est donc un moyen privilégié pour assurer leur efficacité optimale aux initiatives que nous prenons, seul ou avec d'autres.
L'estime de soi est en réalité le résultat d'une auto-évaluation que chacun d'entre nous opère régulièrement de manière plus ou moins inconsciente. Nous sommes avant tout dotés d'un système de valeurs en continuelle évolution, entendu comme un ensemble de certitudes, de croyances, et de principes qui représentent cet idéal existentiel vers lequel nous cherchons à tendre. Fruit de notre histoire de vie (culture, capital transgénérationnel, éducation, expériences personnelles et professionnelles, …), il façonne notre personnalité. Grâce à ce référentiel, nous pouvons alors apprécier, selon les circonstances et les enjeux du moment, la concordance plus ou moins grande qui existe entre nos convictions vitales et
les actions que nous conduisons. Suivant la nature de l'écart constaté en retour, nous nous valorisons ou nous dévalorisons. Comme pour la pression atmosphérique, l'aiguille de ce baromètre existentiel peut bouger plus ou moins rapidement, dans un sens ou dans l'autre (de "je m'aime" tel le beau temps à "je me déteste" telle la dépression), avec une amplitude variable selon les moments de notre vie.
Au coeur de notre jardin secret
Comme le propose Germain DUCLOS, Psychoéducateur québécois, "l'estime de soi est au carrefour de quatre composantes essentielles du soi : le sentiment de confiance en soi, la connaissance de soi, le sentiment d'appartenance à un groupe et le sentiment de compétence".
Et pour ne rien faciliter, faut-il que certains chercheurs de tous poils en humanité aient travaillé avec acharnement ces dernières décennies pour contrevenir à des siècles de culture du mépris de l'homme pour sa propre personne. Emmanuel KANT ne disait-il pas : "l'amour de soi, sans être toujours coupable, est la source de tout mal" ou bien Blaise PASCAL : "le moi est haïssable". Sans parler de cette conviction religieuse largement répandue depuis des siècles, profondément ancrée dans nos inconsciences, qui fait de nous des individus coupables, et donc de peu d'estime pour eux-mêmes. La seule préoccupation
qui en résulte alors est de se racheter en s'abandonnant pour le meilleur d'autrui.
Mais, à l'inverse, n'ayons pas peur. Car on n'a jamais trop d'estime de soi. Ceux qui semblent avoir adopté de manière excessive cette posture dissimulent en réalité dans la plupart des cas des blessures narcissiques mal cicatrisées.
Devenir notre meilleur compagnon
Pour développer positivement l'estime de soi, il y a les ressources dont nous disposons personnellement. Tout d'abord, apprendre à se connaître pour se reconnaître, s'apprécier et se respecter, tel que l'on est, en acceptant de libérer nos émotions comme de répondre à nos besoins. En ce sens, Jacques SALOME, psycho sociologue, nous invite à devenir notre meilleur compagnon. Mais c'est aussi apprendre à communiquer de manière plus authentique et constructive avec notre environnement, en acceptant d'entendre ce qu'il nous renvoie de positif comme de négatif dans le cadre de cette dynamique personnelle
d'amélioration continue.
Loin de n'exister qu'au travers de nos certitudes ou du seul jugement des autres, il s'agit bien de contribuer à optimiser cette relation permanente, de ménager ce savant équilibre entre nous et les autres, grâce à ce jeu subtil de lutte d'influence entre actions et réactions. Il procède alors d'essais qui conduisent à des succès comme d'erreurs, entendus comme autant d'indicateurs de pertinence au service, par leur valorisation, d'une meilleure estime de soi.
Le moteur de notre développement personnel
Une bonne estime de soi est ainsi génératrice de plaisir, surtout en cas de reconnaissance des personnes qui nous apprécient. Elle permet d'assumer plus facilement les difficultés ou les échecs, quand ils se présentent.
Elle accentue en effet ce sentiment essentiel d'être à la hauteur des situations rencontrées en usant pour ce faire de l'efficacité nécessaire.
Elle présente aussi l'avantage de renforcer notre autonomie de pensée et d'action.
Enfin, l'estime de soi, par l'ambition légitime de se développer qui en résulte, stimule notre capacité d'ouverture sur l'avenir, de manière tolérante et partagée, pour faire émerger des projets performants, c'est-à-dire générateurs de progrès et de mieux être, pour soi et les autres.
En somme, avoir une bonne estime de soi permet d'exister en usant mieux de notre volonté et de nos ressources. N'est-ce pas là la meilleure expression qui puisse être donnée à cette liberté d'être et d'entreprendre qui nous est si chère, dans le respect de soi et des autres.
François BOUTEILLE
Coaching & médiation
Bonjour,
En effet aimer les autres , son pays , sa famille ,... pour s'aimer un peu soi-même , voilà un bon remède à la parano ambiante .
R.D.
Rédigé par : R.D. | 08 février 2010 à 11:58
Bonjour,
Le travail sur l'estime de soi et sur la confiance en soi sont deux thèmes qui reviennent fréquemment dans notre métier.
Je suis coach et explique à tout bout de champ et à qui veut l'entendre ce qu'est ce beau métier... mais le nom est tellement galvaudé!
Pourtant je reste confiant, et cette forme d'accompagnement me plait infiniment... alors si je pouvais en vivre...!
J'en reviens à ce qui m'amène, quand vous dites que Pascal ou Kant tiennent un rapport dur face au moi, de quel moi s'agit-il?
Pour moi, il me semble qu'ils parlent de cet égo qui s'oppose à la conscience, ce moi dirigiste et usurpateur qui impose sa volonté née des stimuli de notre environnement dans ce qu'il propose de facile en valorisant le paraître....
Il s'oppose à notre "moi conscient" qui apparait quand nous prenons ce recul et qui, lui est notre compagnon comme vous en parlez plus loin, que je vois dans l'action positive face à la réaction plus ou moins négative qu'engendre l'égo quand il est critiqué ou déstabilisé.
Il apparait (mais cela n'engage que moi) donc que ce moi a deux faces qui s'opposent tout en étant de la même pièce, reflétant ainsi toute la dualité de notre plan d'existence à l'intérieur de nous-même et nous proposant un choix entre Être et Paraitre.
Dans mes actions de coaching existentiel et life coaching, j'aborde souvent ce sujet qui met en évidence nos conditionnements. L'effort qu'il faut produire pour s'en sortir est minime en comparaison des résultats obtenus.
Une neuroanatomiste américaine a constaté, en vivant une attaque de son propre cerveau, que la façon de fonctionner du cerveau droit et gauche donnait les bases de cet écart entre {Je-rationnel-séparé-concret} et {ensemble-acceptation- partage} qui trouvent un écho en égo/paraître et conscience ou moi épuré/être... si vous ne connaissez pas ce joli témoignage je vous donne ce lien en cadeau...:
http://www.ibbtev.be/?Video-de-Jill-Bolte-TAYLOR
Voilà.... c'était une réaction à chaud, merci de cette occasion de partage.
Cordialement,
D.J.
Rédigé par : D.J. | 08 février 2010 à 12:01
Bonsoir,
Merci, c'est vraiment bien...
Bon W.E.
J.J.B.
Rédigé par : J.J.B. | 08 février 2010 à 12:02
Merci pour cette pour cette réflexion, très positive en des temps assez gris.
L’estime de soi c’est un premier pas vers le bonheur mais il faut marcher sur le fil, ne pas verser dans la fatuité et continuer à s’améliorer.
Bref : être satisfait de son avancée dans le chemin vers la sagesse ?
Bien amicalement,
C.D.
Rédigé par : C.D. | 08 février 2010 à 12:04