Aparté n°115, décembre 2009 Il est bien connu que le danger conduit au repli sur soi. Il faut alors la volonté de quelques courageux téméraires portés par l'espoir pour convaincre le plus grand nombre de s'unir afin de faire face à l'adversité. Réseauter, les bons tuyaux A l'interne, il consiste à se doter de tous les moyens qui permettent d'optimiser les Ressources Humaines, entendues comme capital humain de premier plan pour l'entreprise. Loin des théories totalement révolues du début du 20ème siècle et pourtant encore tragiquement ancrées dans nos référents inconscients, il s'agit bien à présent pour les Managers de considérer leurs collaborateurs comme un collectif appréciable autant qu'apprécié. Car sans lui, il est purement et simplement impossible de gagner alors seul. Là est le sens premier à donner à présent au contrat passé avec chaque collaborateur. Contrat qui doit donc avant tout décrire et expliquer ce que sont pour tous les valeurs et les objectifs à partager. Le reste n'est qu'illusion ou secondaire. L'entreprise performante est désormais le résultat d'un maillage de motivations et de compétences, communicant de manière irréprochable, autrement dit, un réseau. A l'externe, de nombreuses initiatives démontrent par leur succès grandissant combien les dirigeants sont de plus en plus demandeurs. Je fais référence en particulier aux Clubs d'entreprises initiés par la CCI mais aussi au CJD ou à la JCE, sans oublier les réseaux par domaines d'activité tels que, par exemple, la FFB, la CAPEB ou COBATY pour le BTP, comme les réseaux plus généralistes et tout aussi importants tels que le MEDEF ou la CGPME. Mais je pense également à un véritable phénomène local que ses instigateurs ont appelé "les Mégalodons". Aucune structure juridique, un simple rendez vous mensuel, une cooptation simple, quelques règles du jeu connues de tous et ce sont à chaque fois plus d'une centaine de dirigeants qui, le temps d'une soirée, se retrouvent en toute convivialité pour échanger. Les cartes de visite circulent autant que fusent conseils, recommandations et commandes en perspective. Et je n'évoquerai que très rapidement l'impact qu'ont également aujourd'hui sur nos entreprises des outils de réseautage tels que les développe la grande famille technologique des Internet, Intranet et Extranet, réunis souvent pour le meilleur et malheureusement parfois pour le pire. Réseauter, les bonnes raisons C'est avant tout un moyen unique pour qui souhaite facilement discriminer, capitaliser, analyser et valider des informations en provenance de son environnement, aussi nombreuses que variées et ce, de manière à la fois souple, rapide, économique et tangible. Stratégiquement, réseauter permet à l'entreprise de développer sans peine sa fonction marketing sur fond d'Intelligence Economique. A l'inverse, réseauter est un moyen privilégié pour diffuser et démultiplier, selon les mêmes avantages que précédemment, de l'information vous concernant, participant donc à augmenter votre lisibilité et votre visibilité. En clair, c'est un excellent outil au service de l'expression de la politique commerciale proactive et ciblée que vous voulez mettre ou que vous avez mise en place dans votre entreprise. Attendre que le client se manifeste en étant sûr de ses propres compétences et de la pertinence de ce que l'on produit est une démarche de plus en plus risquée parce qu'incomplète. Certains en ont payé le prix fort ces derniers mois. Aller avant tout à la rencontre de l'autre pour l'écouter devient indispensable. Cela permet à l'entreprise de présenter en retour tout ce qui la rend unique et donc attractive face à une concurrence de plus en plus incisive. Le réseautage est alors un outil de communication d'une efficacité remarquable, en particulier pour les PME/PMI qui n'ont pas la puissance de feu des grands Groupes. D'autre part, à un moment où les situations de solitude excessives et chroniques ne cessent de croître, à un moment où chacun en vient à se demander quel est le sens qui préside à son action et à la motivation qui la sous-tend, réseauter permet de développer du lien social. Depuis la nuit des temps, l'homme sait en effet combien ses réseaux personnels lui sont indispensables pour exister socialement et s'épanouir. Participer à l'élaboration et à l'animation d'un ou plusieurs réseaux de relations professionnelles c'est offrir à peu de frais à son entreprise un joyau des plus précieux. Car il lui permet pleinement d'exister parmi les autres, autant que l'inverse est tout aussi vrai. Enfin, réseauter, c'est développer puis entretenir une proximité relationnelle avec ses interlocuteurs, qu'il s'agisse de ses clients comme de ses fournisseurs. Et qui dit proximité, dit une plus grande connaissance et donc un plus grand respect de l'autre. Loin de ces négociations marathon trop souvent entreprises sur fond de défiance et de suspicion, réseauter permet d'introduire une touche décisive de qualitatif au profit du résultat quantitatif attendu. Les relations d'affaires, pour être durables, doivent disposer d'une assise interpersonnelle solide, tel du roc. En somme, réseauter c'est avant tout une façon d'être qui nécessite bien sûr de s'être préalablement fixé des objectifs. Loin de générer un investissement lourd, la volonté et la détermination suffisent généralement pour découvrir ou réactiver de multiples réseaux dont nous n'avions jusqu'alors plus conscience ou que nous avions peine à voir. N'oubliez enfin pas que, si pénétrer ou créer un réseau est indispensable, participer à son entretien est essentiel, affaire de canalisations oblige ! Bonnes fêtes à vous (bis) ! François BOUTEILLE
En mai 2008 j'évoquais avec vous toute la modernité émergeante du concept de réseau professionnel. Je ne pensais pas à l'époque que quelques mois plus tard ce thème relèverait à ce point d'une telle pertinence. Mais la crise est passée par là qui nous oblige à "oser penser autrement".
Tout me confirme donc aujourd'hui que le réseautage dans l'entreprise mais également avec son environnement ne relève plus du luxe ou de l'avant-gardisme mais tout simplement d'une absolue nécessité.
Alors, quelles sont les principales raisons qui devraient vous convaincre d'agir ainsi, si toutefois vous ne l'avez pas déjà fait.
Coaching & médiation
Cher François,
Je viens de lire avec beaucoup d ‘intérêt ce numéro. Bel exercice mensuel ma fois, que de prendre sa page blanche.
Vu mon grand âge, lorsque je suis arrivé dans ma nouvelle institution il y a trois ans, j’ ai tissé des liens avec des établissements avec lesquels il n’y avait pas l’ habitude de travailler et que je connaissais bien ; les conséquences ont été souvent heureuses, mutation de personnel vers nous, admissions d ‘enfants (dans les 2 sens à l’entrée mais ouverture aussi pour des sorties à 20 ans d’ amendement Creton), etc….
Des visites de cadres, de personnel, des téléphones, des tasses de café, des repas ont été nécessaires.
Ma collègue, présente à l’ institution depuis 41 ans, m’ en a beaucoup voulu ; je faisais du public relation, au lieu de vraiment travailler…cela m’ a nuit (orthographe ?)
Mais le pari valait le coup ; elle partie, le travail commence à porter ses fruits.
Je me permets d’apporter cette expérience personnelle par rapport à ta problématique, pour dire que ce n’est pas toujours facile, même bardé de bonnes intentions de réseauter !
Bon début de semaine, oh toi le poil à gratter !!
D.P.
Rédigé par : D.P. | 20 décembre 2009 à 22:46
Monsieur BOUTEILLE,
Bien le plus grand bonjour à vous depuis Fontaines-Saint-Martin, commune de 2741 âmes aux abords de l’agglomération lyonnaise, là où se trouve le Cabinet URBAC et Jean FEUGERE, son charismatique directeur.
Si je m’autorise à vous écrire, c’est que le vénérable urbaniste que vous semblez connaître m’a parlé de vous et de votre acuité intellectuelle ; à la suite de votre rédaction mensuelle en date du 21 décembre 2009, je souhaite prendre à bras le corps vos propos concernant le réseautage et les finalités potentielles que vous exprimez très bien.
A mon niveau, j’ai conscience que le réseau est un carnet d’adresse et un panel d’individus susceptibles de répondre favorablement à nos diverses interrogations, professionnelles par exemple. Cela étant dit, il est aussi constaté que le réseautage peut parfois égarer à force de trop papillonner entre les interlocuteurs et leurs contenus sans fin.
C’est pourquoi, j’invite chaque communiquant à prendre du temps pour s’arrêter, disposer les cartes sur la table, les agencer pour composer une pensée concise et cadrée ; j’illustrerais volontiers mes dires par quelques expériences : en réunion de travail, le brainstorming n’est qu’une étape. Ensuite, la conduite de la réflexion doit faire aboutir à des idées pragmatiques qui pourront déboucher sur des projets probants. Combien de concertations fort peu endiguées qui mènent à des réalisations nullement opérationnelles !
Faute d’une rigueur suffisante de la part de l’animateur de groupe lors de la communication interpersonnelle, les échanges restent finalement vains. Que de gaspillage d’énergie, lorsqu’il suffit souvent de quelques consignes pour canaliser le flux de paroles, d’imagination nébuleuse voire d’agitation stérile …
Les conflits sont souhaités dans les discussions ; mais il est agréable de jouer une partition de manière constructive ; à la fois pédagogue et capitaine, le modérateur du réseau saura tempérer les ardeurs des uns, et valoriser les initiatives des autres moins prolixes.
Enfin, la synthèse n’est pas qu’un exercice ; c’est un processus cognitif qui permets aux intelligences plurielles des participants à un réseau, d’enregistrer le cheminement et les objectifs atteints pour que tous, à un même niveau d’entendement, se positionnent avec assurance face à leur(s) problématique(s). Ainsi, la synergie qui émane de ces tâtonnements mène les protagonistes du réseau vers un accomplissement pertinent et, en outre, une lisibilité de leur cheminement plus à même de les rendre compréhensibles par tous les futurs consommateurs désireux d’acheter leurs services.
Je vous saurais gré, Monsieur BOUTEILLE, de bien vouloir accueillir l’expression de ma plus respectueuse considération.
F.P.
Rédigé par : F.P. | 24 décembre 2009 à 08:47