Aparté n°114, 20/11/2009
Mais qu'est-ce que l'optimisme pour qui ne le qualifie pas immédiatement de béat ou irresponsable ? Les définitions ne manquent pas comme, plus généralement, la littérature qui l'aborde. Nous dirons déjà qu'il évoque une tournure d'esprit qui consiste à prendre les choses du bon côté, une aptitude mentale qui permet d'envisager une issue favorable aux événements. Etre optimiste, c'est se montrer résolument positif, enthousiaste, c'est faire confiance à la vie de manière communicative. C'est, en somme, espérer.
Et pourtant, une autre enquête rapporte que 3 Français sur 4 se déclarent "par nature" pessimistes. L'habitude de se lamenter serait-elle dans notre pays plus répandue que celle de se réjouir des bonheurs que nous apporte la vie.
L'éducation que nous recevons trouverait-elle, au niveau de la communauté des hommes, une bonne part de son ancrage dans une approche de l'environnement, par principe, négative. Il est notoire de constater que ce sont les populations latines qui semblent les moins bien programmées au bonheur. Comme si l'expression de celui-ci présentait quelques dangers. A l'inverse, les populations asiatiques, aidées sans doute par les préceptes véhiculés par la philosophie bouddhiste, semblent mieux disposées à accueillir avec affection l'optimisme qui les gouverne.
Il est vrai que, face aux améliorations qui se présentent à nous, que nous les ayons façonnées ou qu'elles nous soient proposées, l'éducation que nous avons reçue nous conduit trop souvent à les rejeter pour la raison, entre autre, que nous ne les méritons pas.
Je note également que la plainte entretenue comme une habitude traduit un mode plus répandu qu'il n'y paraît de relation au monde. Le but inconscient serait, même si cela est parfaitement illusoire, de se doter des meilleures chances pour obtenir écoute, attention, aide et donc reconnaissance des autres.
Par ailleurs, ces situations sont malheureusement trop nombreuses où des personnes se qualifient de victimes pour expliquer les difficultés qu'elles rencontrent et surtout pour justifier leurs attitudes de passivité et d'inaction. Loin de réfuter l'existence de véritables problèmes, je pense que ces attitudes chroniques permettent à ces personnes de se protéger, leur évitant alors la mise en œuvre de processus de remise en cause et donc de changements déstabilisants. Encore faut-il que le changement en vaille la chandelle.
Peut être aussi qu'une population, telle que la nôtre, qui vieillit connaît plus de difficultés pour se projeter dans l'avenir et donc pour concevoir le changement comme une nécessité vitale Or ce sont bien les projets porteurs de sens et, par conséquent, le désir qui les précède comme le plaisir qui en résulte qui alimentent avant tout notre existence. Il n'y a en effet pas de souvenir agréable sans projet accompli.
Enfin, la capacité à juger, à partir seulement de rumeurs, est particulièrement développée dans notre pays, au détriment de l'analyse argumentée et bienveillante. Nous pourrions aussi évoquer la recherche effrénée de possession, la quête maladive du pouvoir, la convoitise exacerbée, l'esprit de compétition aux limites trop souvent transgressées comme autant de facteurs d'insatisfaction, voire de frustration et peu propices ainsi à l'expression de l'optimisme.
Et je vous épargnerai la manière dont les médias trient l'information pour ne rediffuser que celle dont la teneur est d'une attractivité morbide (meurtres, attentats, guerres, scandales de toutes sortes, criminalité, mouvements de mécontentement, augmentations diverses et variées d'impôts, actes de violence, etc…). Quelle image finissons-nous par renvoyer de notre Société à une jeunesse alors légitimement démotivée et en manque d'enthousiasme ?
Enfin, je ne m'étendrai pas sur cet art consommé que la plupart des hommes politiques de notre pays ont de nous entreprendre sous l'angle de l'insécurité et de la peur omniprésentes, du rapport de force quasi institué dans les relations humaines et, quand cela ne suffit plus pour convaincre, de la menace à peine voilée d'une issue fatale, si nous ne les écoutons pas docilement. Ils espèrent sans doute par là nous mobiliser alors que le taux d'absentéisme croissant à chaque échéance électorale devrait leur démontrer qu'ils se trompent.
La pensée positive, de l'art et de la nécessité
L'optimisme, c'est l'art d'améliorer sa propre vie mais aussi de contribuer activement à l'amélioration de son environnement, de la Société, de ses institutions, etc…. Par définition, l'optimisme s'applique à tous les registres de la pensée et donc à tous les secteurs de l'activité humaine.
De nombreuses études conduites avec rigueur démontrent combien une attitude optimiste est probante, grâce à une pensée systématiquement positive, pour soi tout d'abord et par conséquent pour tous ceux qui nous entourent, loin de cette dépréciation de soi et cette agressivité vis-à-vis de l'autre, devenues beaucoup trop courantes dans l'organisation des rapports humains. La Recherche aujourd'hui dispose des résultats d'expérimentations qui le démontrent sans l'ombre d'un doute. Qui est optimiste guérit mieux. Qui est optimiste, apprend plus facilement.
Ces découvertes ont établi en effet de manière unanime que pensées et émotions agissent sur la biologie du cerveau. L'emploi de plus en plus fréquent de la sophrologie en période de soins en est une autre preuve patente.
Non, la relation humaine ne relève pas avant tout du rapport de force mais bien de l'empathie, pour qui veut s'épanouir. L'une est en effet pulsion de vie, l'autre de mort. Comme l'optimisme et le pessimisme en sont l'expression.
L'optimisme au service du mieux être et du meilleur
Trop souvent, ce regard porté sur soi est compris comme préoccupant parce que traduisant, paraît-il, une forme avérée d'égoïsme et d'égocentrisme. Il n'en est rien. Loin d'opposé soi aux autres, cette attention portée à sa personne est à entendre comme une marque de respect. Comment en effet prétendre respecter les autres pour ce qu'ils sont et ce qu'ils souhaitent quand déjà l'estime que l'homme se porte est dégradée.
N'oublions pas qu'il n'est pas d'innovation possible, de progrès envisageable pour qui se méprise et donc mésestime ses besoins et ses envies comme, en retour, ceux des autres. Car celui-ci se prive ainsi de toute capacité de motivation ou de créativité. De tous temps, ce sont les optimistes qui ont réalisé ce dont les hommes avaient rêvé.
Mais, comme le rappelle Alain, l'expression de cet optimisme est affaire de volonté. Redécouvrons donc l'envie d'apprendre et la joie d'entreprendre, cet enthousiasme de l'enfant en terrain d'aventure sans lequel rien n'est possible.
Plutôt que de critiquer, de condamner seulement, félicitons, encourageons et aidons à chaque fois que s'exprime de manière responsable une ambition constructive au service du meilleur.
A bientôt et… bonne journée!
François BOUTEILLE
Coaching & médiation
Cher François,
pour faire passer de l'optimisme il convient de voir chez les autres beaucoup de choses positives et d'avoir soi-même de la sérénité . Ainsi on évitera toutes les scories du désenchantement et des polémiques incessantes qui ravagent projets et objectifs. Il s'agit pas de donner des leçons mais d'être pratiquant.
R.D.
Rédigé par : R.D. | 22 novembre 2009 à 01:08
François,
Si les gens n'étaient pas tellement impregnés de matériel et se tourneraient davantage sur leur être intérieur ou vers la nature, ils iraient mieux. Bonne soirée,
B.C.
Rédigé par : B.C. | 22 novembre 2009 à 01:10
Bonjour ,
C'est en consommant des tranquilisants et autres sommnifères que l'on paralyse l'activité économique ... (on dort ) . Tu as répondu à la question ...
Personne n'est capable en France d'apporter un changement si minime soit-il dans l'organisation des choses dépendant de l'Etat :
- le service minimum en cas de grève ne fonctionne pas ...
- Les réformes de l'enseignement classique et supérieur quelles qu'elles soient ne sont pas acceptées ...
- La supression de la taxe professionnelle ne passe pas ! (et pourtant on ne prévoit plus de tout supprimer )
- L'anpe ne faisait pas son travail ; c'est encore pire avec Pôle Emploi et ses disputes internes ...
- La disparition des Départements dans 6 ans ne passe pas !
Je pourrais en écrire des pages ...
Tu es au fait du problème et c'est tout l'intérrêt de ton métier : Le Français a Horreur du changement et s'accroche à des avantages soit-disant acquis . Aux Coachs de lutter contre cet état de fait et accompagner les dirigeants pour faire comprendre à chacun qu'il est nécessaire de s'adapter sans cesse et que rien n'est acquis . (Sauf la mort à venir )
Bien à Toi
N.V.
Rédigé par : N.V. | 22 novembre 2009 à 01:11
Aparté 114: un des meilleurs que tu nous aies envoyé.
Le problème que tu abordes sous l'angle de l'optimisme et du pessimisme fait effectivement des ravages. Tout se passe comme si les gens se croyaient prisonniers des évènements. Or on n'est jamais aussi prisonnier qu'on le croit.Le plus néfaste c'est l'espoir. Quand il n'y a rien à espérer on ne peut perdre son temps à désespérer. Voici poindre un autre ennemi: l'avenir. Par définition il n'existe pas, c'est un indéterminé. Cela n'empêche pas de faire des projets. Simplement il faut en même temps prévoir qu'il ne se réalisera sans doute pas comme il a été établi. L'archer peut viser la cible, il ne sait quand se lèvera le vent qui détournera la flèche. Ce qui nuit au jugement dans l'action ce sont la vanité et l'humilité. Il faut pouvoir juger en dehors de ces catégories. Un échec ne met pas en cause la valeur de la personne et l'humilité empêche de constater ce qui est réussi. Où est le mal de dire j'ai fait du bon travail? en plus, vanité et humilité interdisent de demander de l'aide alentour.Pour le reste: voir Epicure et Lucrèce.
J.F.C.
Rédigé par : J.F.C. | 22 novembre 2009 à 09:36
Apartés n°114 (suite)
Cher François,
Je me permets de reprendre un peu de place sur ton ordinateur. C'est parce que l'Aparté 114 me paraît particulièrement important.
Le pouvoir est une illusion. Pendant que les lèvres de celui qui subit le pouvoir prononcent: "oui chef" sa tête est déjà en train de chercher le moyen de le contourner. Mon professeur de français de 3ème, lorsqu'il nous passait un ratichon terminait, toujours sa harangue par: "et moi aussi". Un jour nous avons constitué une petite délégation et avec toute l'inquiétude du monde nous nous sommes enhardis et nous sommes allés lui demander pourquoi il disait "et moi aussi" en guise de conclusion. Réponse "parce quand je vous engueule vous pensez: "je t'emmerde" alors je dis "et moi aussi". Il avait compris la limite du pouvoir.
Quant au bonheur, il n'est pas généralisé parce que les gens ne sont pas assez égoïstes. Il ne se sont pas aperçus que la vue du malheur des autres leur gâtait leur propre bonheur. Pour éviter de le constater ils décrètent que si les autres sont dans la peine c'est qu'ils l'ont bien cherché. La notion de péché n'est pas loin...
C'est l'heure du thé: à ta santé François
J.F.C.
Rédigé par : J.F.C. | 22 novembre 2009 à 19:46
Bravo pour ce billet d'optimisme.!!!!!! Les choses vont tellement mieux quand on prend la vie de ce côté là ! ..... Il faut donc s'y contraindre !! Et voilà, le mot est lâché : pourquoi la contrainte alors que cela devrait être un plaisir ?!!!!! Sans doute faut-il chercher quelques réponses auprès de la lucidité.!!!!?
Amicalement
JPM
Rédigé par : J.P.M. | 23 novembre 2009 à 18:18
Merci et bravo.
Cordialement ,
J.C.Z.
Rédigé par : J.C.Z. | 24 novembre 2009 à 11:55