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22 juillet 2008

Commentaires

V.T.

Hello,

C’est toujours un plaisir de te lire, cher François. De quoi une fois de plus méditer sur des sujets qui nous touchent tous !

Un peu loin de Shakespeare et des Anciens, en parlant de l’utilité des vacances, je me risque à citer Henri Salvador : Le travail, c’est la santé, rien faire c’est la conserver. Les prisonniers du boulot n’font pas de vieux os.

Me viennent aussi quelques questions corollaires :

Si l’on écarte l’option tiers-mondiste de ‘je travaille toute ma vie comme un forçat et meurs dans la misère’ encore dévolue à beaucoup trop de gens sur terre, est-ce qu’on veut vivre à fond son travail et s’éclater mais du coup pas pour longtemps, ou bien est-ce qu’on accepte le risque de s’abîmer dans un travail strictement alimentaire, moins fatiguant mais qui permet de vivre à côté plus longtemps ?
Est-ce que l’on peut avoir un travail intéressant qui ne prenne pas trop de temps au quotidien ?
Est-ce que les ‘prisonniers du boulot’ sont enfermés au bureau parce qu’en fait ils s’ennuient chez eux ou parce qu’ils sont malheureux ?
Est-ce que travailler beaucoup enrichit vraiment l’individu, au sens propre comme au figuré ?

Le problème avec le travail, c’est qu’il est en général obligatoire car nous devons subvenir à nos besoins matériels - dans mon humble cas : en priorité à ceux de mon fils, dont en l’occurrence j’assume seule la charge.

Il est en effet peu courant de rencontrer des personnes vivant de rentes suffisamment substantielles pour ne pas avoir à travailler.

Ces chanceux peuvent alors d’adonner à des occupations qui les passionnent ou les distraient (sport, œuvres caritatives, art, voyages,…), ou bien ne rien faire du tout, dépenser en riant les monceaux d’argent dont ils ne savent quoi faire, et se laisser vivre.

Mais je ne sais pas si une Paris Hilton est réellement heureuse de son oisiveté ; je suppose que non, et que c’est pour cela que comme une enfant gâtée qu’elle est, elle passe son temps en frasques relatées dans la presse, histoire de se faire remarquer.

Or nous savons tous que le travail peut être source de grandes satisfactions quand il tend vers un projet, un but vers lequel se mobilisent une ou plusieurs personnes pour y arriver. Donc mieux vaut à priori faire un travail qui nous plaît, d’autant qu’on y passe au moins 7 ou 8 heures par jour.

Cela dit, si sortir un bon produit, ou contribuer au succès des autres, conduit à se dire : ‘je sers à quelque chose au sein de mon entreprise ou de la Société, je suis valorisé(e) par les efforts et l’intelligence que je fournis’, c’est parfois bien dangereux.

Car alors ‘je suis motivé(e), et du coup, même si je dois fournir beaucoup d’efforts, je n’ai pas le temps de me reposer, ce n’est pas le moment, j’ai encore trop de choses à développer’.

C’est en tout cas le discours habituel des décideurs ou de leurs proches collaborateurs. Ainsi peu à peu, ils rentrent trop tard du bureau, voient moins leurs enfants, n’ont plus le temps de discuter avec leur conjoint(e) de tout et de rien, d’aller aux entraînements de sport ou aux répétitions de chorale, de passer chez les copains boire un verre en terrasse, bref, ils rentrent dans la fatale spirale ‘métro-boulot-dodo’.

Il n’y aura que le week-end pour dormir un peu plus tard le matin, voire tenter une sieste (souvent plus le dimanche car samedi est occupé en courses ou à écluser les e-mails moins urgents qu’on n’a pas eu le temps de traiter durant la semaine).

Pas le temps (non plus) avant d’aller se coucher que de songer à grand-chose d’autre qu’à la machine-outil tombée en panne, qu’au conflit à arbitrer entre le responsable commercial et son homologue à la Production, au gros marché qu’on vient de passer avec toute la réorganisation interne à effectuer pour y faire face, à la comptable qui vient de se casser une jambe, etc.

Et c’est là où commencent en général les ennuis. A trop s’impliquer dans son travail sans faire assez de pauses mentales ou physiques on finit par fatiguer le corps, qui ne commence à envoyer des signaux (somatisation, perte de sommeil, sautes d’humeurs, etc.) que lorsque l’esprit -qui lui en a déjà trop demandé- le pousse dans ses derniers retranchements.

Et voilà les bobos ou les rhumes qui traînent, les paquets de cigarettes engloutis ou les excès de table qui (re)font leur apparition, les insomnies et les ‘qu’est-ce que j’ai eu du mal à me lever encore ce matin, il me faut bien un 3° café’…, bref le surmenage, qui peut rapidement conduire à la dépression. A sortir trop tard le soir du bureau ou à répéter les dîners d’affaires en suivant la journée de travail, on finit comme l’automobiliste qui ne veut pas s’arrêter sur la route pour arriver plus vite, et qui verse dans le fossé.

On peut alors se dire : ‘ok, je laisse tomber cette vie de stress et pars élever des moutons au Larzac’. Mais bon, déjà, il faut avoir des sous pour en acheter, s’y connaître un peu en moutons et comment les soigner en cas de pépin ?, se priver de bon vin et des Mégalodons, renoncer à la télé, au téléphone portable, à la voiture climatisée, etc. et si l’on en a une, amener sa famille dans l’aventure. Est-ce si facile ?

On peut également réfléchir à ‘comment organiser la vie de telle sorte qu’on puisse adoucir les rythmes de travail’ ? Aujourd’hui, cela me semble aussi difficile que compliqué, à notre époque TGV : les exigences du marché, du banquier, du patron, du client, etc. sont telles qu’il faut être performant tout le temps si l’on veut survivre dans ce ‘monde de brutes’. Et surtout être toujours plus rapide, réactif, en perpétuelle compétition.

Transformer le travail en loisir : enfin une bonne idée ! Comme les enfants qui apprennent plus vite et mieux en s’amusant. A cet égard, nous restons tous effectivement de grands enfants, et c’est drôlement réjouissant. Seulement voilà, sous la pression des événements qui se succèdent à la vitesse de la lumière, on a tôt fait de remiser la bicyclette qui nous permettait de regarder le paysage qu’on traverse, au profit( ?) de la voiture qui passe par l’autoroute pour faire gagner du temps.

Nos parents ne disposaient ni d’Internet, ni du TGV, rarement de l’avion voire parfois pas encore de la voiture. Ils étaient bien obligés de donner du temps au temps. Du coup, ils faisaient de l’exercice physique tous les jours pour aller travailler (à pied -même pour prendre le train, le bus ou le métro- ou bien à bicyclette), ils montaient des escaliers car il y avait moins d’ascenseurs, personne ne les appelait quand ils étaient en train de déjeuner, et ils n’avaient pas 50 e-mails urgents à traiter tous les matins avant même de démarrer leur journée de travail.

A ces considérations s’ajoute le fait tout aussi indéniable que, comme nous vieillissons et que les progrès technologiques nous font perdre la pratique de l’effort physique, nous dépensons toujours plus d’énergie à répondre aux situations de stress engendrées par l’accélération de notre rythme de vie professionnelle.

Force est de constater qu’il n’est pas dégradant de travailler, c’est même maintes fois amusant. Le problème est que c’est surtout de plus en plus souvent fatigant. Et lorsqu’on est fatigué, il faut se reposer. Moi je dis : les vacances, que l’on parte ailleurs ou pas, sont indispensables, surtout quand on fournit un travail intensif tout au long de l’année. Elles sont aussi nécessaires que de dormir la nuit.

En conclusion : oui, travailler enrichit l’individu, car il se frotte aux autres, devant continuellement progresser pour faire avancer son entreprise et simultanément gagner sa vie. Intellectuellement, il peut toujours trouver le moyen de retirer un intérêt à ce qu’il fait, et accessoirement, ça peut lui rapporter de l’argent, voire beaucoup d’argent s’il a LA bonne idée et s’il peut l’exploiter au mieux pour en retirer des bénéfices sonnants et trébuchants.

Mais oui, travailler trop finit par polluer la vie, voire par la mettre en danger, tant sur le plan physique que familial, car la seule chose qui n’ait pas changé depuis tant de générations, c’est il n’y a que 24h dans une journée… Un champ professionnel hyper développé atrophie forcément le reste.

Plus j’avance dans la vie et plus je me rends compte que bien souvent, les personnes qui ont des responsabilités dans l’Entreprise se mettent elles-mêmes en situation d’hyperactivité, car elles ont l’impression plus ou moins consciente que ‘faire des heures’ contribue à justifier le montant de leur salaire vis-à-vis du patron mais aussi des collaborateurs, voire même vis-à-vis d’elles-mêmes.

Bien sûr, quand on met du cœur à l’ouvrage, on ne compte pas ses heures, et l’on doit parfois faire face à un surcroit d’activité qui implique de fournir momentanément une quantité plus importante de travail. Mais quand le phénomène est récurrent ou constant, cela révèle à mon sens un problème flagrant d’organisation de l’entreprise. Qui finit aussi par la déséquilibrer de façon plus ou moins importante. Car à un moment donné, on ne peut pas donner plus que ce que l’on a. Un collaborateur véritablement surmené finit par jeter l’éponge, en tombant malade, ou en commettant une faute lourde et/ou en quittant la société qui le ‘pressure’ trop. Que dire du surmenage des dirigeants ?!?

Il faut savoir dire STOP.

Pour moi, vivre en équilibre signifie respecter les 4 aspects de vie qui nous animent tous : la vie intime (le champ physique et strictement personnel), la vie familiale, la vie sociale et bien sûr la vie professionnelle.

Il faut donc savoir ménager du temps pour chacun de ces aspects, afin qu’ils puissent s’épanouir tour à tour et nous tenir en bonne santé. Ce faisant, hors du travail, on se permet de récupérer mentalement et physiquement, de ‘prendre les eaux’ comme tu l’exprimais si bien, donc de rester résistant et performant sur la durée.

Aussi je te souhaite bonnes vacances et te félicite pour avoir pris le temps de lire ma longue diatribe jusqu’au bout…

@bientôt !

Amicalement

V.T.

I.R.

Bonjour et encore merci Francois !

Pour alimenter la réflexion forte intéressante sur les vacances : Qu'en est-il du besoin de vacances pour les enfants ? et pourquoi la société est elle organisée et rythmée par les "vacances scolaires" ?

Je vous souhaite de trouver satisfaction à vos attentes lors de votre séjour en Bretagne, ou plus simplement ... Bonnes vacances !
Cordialement

I.R.

R.L.

Bonjour François

Et merci pour ces mots pleins de bon sens et qui prêtent à la réflexion sur notre vie personnelle

A bientôt

R.L.

R.L.

François,
Merci pour cette réflexion quelque peu salutaire à l’aube de nos congés annuels….

Je vous souhaite d’excellentes vacances quelque soient les raisons pour lesquelles vous les prenez !

A très bientôt

I.G.

R.L.

Bonjour François, à l'heure où je prends connaissance de ton texte sur les vacances, tu dois y être. Profites en donc bien. - Ce qui m'a surtout interpellé dans tes écrits c'est la notion du travail qu'il faudrait revaloriser dans notre société. Non seulement dans la durée d'une année mais à commencer par le déroulement d'une semaine. Les gens partent le lundi matin avec une mine défaite au travail en ne visant que le vendredi , souvent déjà libre à partir de midi, sinon 16h afin de pouvoir s'éclater par des sorties, voyages, réceptions et tutti quanti. Que pouvons-nous faire pour revaloriser le travail auprès de nos compatriotes? Ne te casse pas la tête, bonnes vacances à toi et aux tiens. A la rentrée en pleine forme.
B.C.

J.F.C.

"l'homme n'est pas fait pour le travail, la preuve: cela le fatigue"Je ne sais quel est l'humoriste qui a tenu ces propos. Mais il faut compléter cet adage: comme cela le fatigue il a déployé de très gros efforts pour inventer les machines qui pourraient lui éviter une bonne partie du travail. Je pense qu'on trouve là une réponse partielle à la question de l'intérêt au travail et de ce que peut être un travail épanouissant. Il faut tout de suite prendre la précaution de préciser que l'intérêt peut être bien différent d'une personne à l'autre. Je me suis trouvé très déconcerté par la conduite d'une personne atelée depuis des mois à une tâche répétitive à qui sa hiérarchie avait proposé une promotion à un autre poste et qui l'avait refusée en spécifiant que là où elle se trouvait elle ne pensait pas. Cela me fait souvenir de ce moine d'une abbaye du Nord interrogé par un journaliste et qui disait qu'il était très heureux par qu'il savait que demain serait comme aujourd'hui et que tous les jours suivants seraient identiques et qu'il ne mourrait pas seul. Inversement j'ai pu remarquer des manifestations d'intelligence au travail dans les tâches les plus banales. Cela se manifestait par des petites astuces pour améliorer le poste ou l'exécution des gestes. Il me semble que l'énumération des vertus des vacances dans la lettre 101 est le reflet inversé de cette question. Comment se fait-il que j'ai eu à recevoir des gens qui ayant travaillé jusqu'à la limite du surmenage revenaient de vacances complètement épuisés d'avoir couru partout, enchainé les nuits blanches les unes après les autres et déclaraient que c'étaient de "super vacances". Que fuyaient ces personnes: le travail ou elles-mêmes? Comment se fait-il que mon grand père artisan menuisier n'a jamais éprouvé le besoin de prendre des vacances? Peut-être parce qu'il avait le temps de faire autre chose que la menuiserie. Il pouvait changer de travail. Vers 19 h il donnait un coup de balayette sur ces vêtements montait à l'étage, se changeait et se rendait à la mairie lorsqu'il était conseiller municipal, ou à l'entraînement des pompiers, entre-temps il entretenait un arpent de vigne qui produisait un vin épouvantable ou s'occupait d'un bout de jardin. Examinons le cas de plus près. 1) il avait du temps de libre en dehors de son travail à l'atelier dans lequel il avait des machines qui lui permettaient de grignoter sur la course de la pendule 2) il avait une qualification qui lui permettait de réaliser complètement de belles choses et de voir le résultat de ses efforts 3) Il n'était pas harcelé par des donneurs d'ordre pressés 4) il avait des intérêts pour la vie de son entourage. Et si c'était ça les vacances?

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